22/09/09

Permalink 17:24 pm, Marc Lachapelle / Générale, 1760 mots  

Étape 5 – La grande niveleuse et une 3e victoire pour Hopkins et Hugues

Une pluie monotone tombait sur Marystown pendant que les voitures sortaient une à une de l’aréna pour la longue étape de liaison vers la première spéciale de cette 5e et dernière étape du Targa 2009. L’équipe Subaru réservait une surprise à son pilote ce matin-là. En m’approchant de la Targa STI j’ai vu qu’elle avait deux portières neuves du côté droit auxquelles il ne manquait que le numéro de course et quelques autocollants : « tu as une voiture toute neuve ce matin » me dit fièrement Stewart Hoo, mon copilote et notre chef-mécano.

L'attente à Boat Harbour

Les voitures se regroupent à Boat Harbour avant la spéciale du retour

J’ai eu la chance immense, depuis une vingtaine d’années, de conduire plusieurs voitures de course et de rallye en compétition, à titre de journaliste et pilote invité. Ma famille et mes amis et collègues les plus proches pourraient assurément vous confirmer que mon désir de ramener la voiture l’arrivée sans le moindre dommage ou égratignure tient pratiquement de l’obsession. Ma sortie de piste fracassante, dans la première spéciale du Prologue de cette année, a sérieusement cabossé un palmarès qui était quasi-parfait jusque là.

Dire que j’étais abattu et déçu de moi-même dimanche dernier, sanglé de la tête aux pieds sur une civière dans une ambulance qui filait vers St-Jean, toutes sirènes hurlantes, tient de l’euphémisme. J’étais carrément dévasté, pour tout dire, convaincu que je venais de détruire en quelques secondes le travail et les efforts de l’équipe Subaru qui visait cette année une première victoire au classement général du Targa qui lui échappe depuis sept ans. Et pourtant, quelques heures plus tard, j’étais à nouveau derrière le volant de la Targa STI, prêt à prendre le départ du rallye avec un nouveau copilote.

La Porsche 911 de Glen Clarke

La Porsche 911 de Glen Clarke n’avait pratiquement aucune adhérence sur le mouillé

Et maintenant, cinq jours plus tard, avec une voiture solide et puissante qui allait bientôt avoir l’air toute neuve à nouveau, j’avais une deuxième chance de l’amener à l’arrivée en état pratiquement parfait, avec un équipage en forme et un résultat honnête. Mère Nature s’est cependant vite arrangée pour que ça ne soit pas facile.

Il y avait neuf spéciales de prévues pour la cinquième et dernière étape du Targa 2009 et nous les avons toutes parcourues sur une chaussée humide, ou pire. Juste avant le départ de la toute nouvelle spéciale de Boat Harbour, dont le tracé fluide et rapide était très prometteur, Glen Clarke s’inquiétait du comportement de sa Porsche 911 sur ces routes mouillées, avec ses larges pneus arrière. Stewart a fait de son mieux pour le rassurer: « avec tout ce poids à l’arrière pour la motricité ça va aller », mais les craintes de Glen allaient bientôt se confirmer.

Un original dans la trajectoire de Glen Clarke sur Marine Drive

Comme si leur 5e journée n’avait pas été assez mauvaise, un original s’est placé sur la trajectoire de Glen Clarke et Andy Proudfoot durant la dernière spéciale du rallye, sur Marine Drive (photo: Brenda Malone)

Notre STI Targa s’est bien comportée sur le premier trajet de cet aller-retour, malgré la chaussée glissante, surtout sur courte section de pont en bois que nous avons parcourue un moment en dérapage, malgré mes précautions. Nous avons même rattrapé Tom Collingwood et son cousin et copilote Chris Collingwood, dans la spectaculaire Porsche 911 GT3RS orange du premier, avant la moitié de la spéciale. Même si la sécurité et notre ferme intention de rallier l’arrivée à St-Jean demeuraient nos seuls objectifs pour la journée, Stewart n’a pas pu s’empêcher de remarquer que le fait de rattraper les Collingwood allait nous profiter puisqu’ils nous devançaient de justesse au classement général.

Stewart Hoo et Cathy Cole

Le chef-mécano et copilote Stewart Hoo discute réglages et stratégie avec Cathy Cole, la coordonnatrice de l’équipe Subaru

Durant la longue attente aux abords du superbe village côtier de Petite Forte (les Terre-neuviens ont parfois une approche fantaisiste de l’orthographe des noms français) pendant que concurrents et officiels se préparaient pour la prochaine spéciale qui allait être courue sur le même tracé, en sens inverse, la pluie s’est mise à tomber plus fort. Stewart et moi avons alors décidé de découpler la barre antiroulis avant pour améliorer l’adhérence et le mordant des roues avant sur le mouillé. Cette modification s’est vite révélée plus efficace qu’on ne l’avait souhaité. La direction plus vive et plus rapide et les flaques d’eau plus profondes formaient un amalgame assez redoutable merci. Pour tout dire, cette spéciale a été de loin la plus terrifiante de mes trois années au Targa et sans doute mon pire moment à vue dans une voiture. La STI était nerveuse, instable et imprévisible même en ligne droite, à vitesse constante.

Nous n’étions pas les seuls à sentir des sueurs froides. Nous avons par exemple vite rattrapé et facilement doublé la Porsche des Collingwood. Avec les vitesses nettement plus faibles dans cette spéciale, nous allions donc leur reprendre au moins les trente secondes du départ décalé au classement général. Mais notre souci premier était de survivre à cette spéciale et à la compléter sans dommage. Nous avons même été rattrapés par Steve Millen et Mike Monticello dans leur Nissan GT-R à quelques centaines de mètres de l’arrivée de cette spéciale de 24 kilomètres. Nous avons par la suite entendu les histoires d’horreur de plusieurs des équipes de pointe, y compris Glen Clarke qui jurait plus tard n’avoir pu rouler à plus de 90 km/h de toute la journée. La pluie est surnommée « la grande niveleuse » (the great equalizer) en course automobile. Ce jour-là, elle allait priver Glen Clarke et son copilote Andy Proudfoot une excellente chance de victoire au classement général qui aurait la deuxième de Glen après celle qu’il a décrochée en 2006.

L’équipe Targa 2009 de Subaru Canada

L’équipe Targa 2009 de Subaru Canada: Keith Townsend, Andrew Sorensen, Stewart Hoo, Cathy Cole, Nick Searancke et Lewis Myers (photo par le pilote/bloggeur Marc Lachapelle)

Conduire la voiture dans ces conditions était parfaitement stressant, même sur la route transcanadienne en étape de liaison. Stewart et ses gars ont continué à travailler sur les réglages pour finalement rendre la voiture stable dans ces conditions atroces. Ils ont d’abord reconnecté la barre antiroulis et ensuite ajouté du pincement aux quatre roues, à la demande de Stewart. Nous avons également profité de la longue expérience de Keith Townsend en rallye et sa grande connaissance du Targa. Il s’est effectivement rappelé avoir roulé avec deux roues sur le gravier compacté de l’accotement dans la spéciale d’Osprey Trail avec grand succès en 2006 alors qu’il se battait pour la victoire au classement général. Ce truc est superbement efficace et je m’en servi abondamment dans les dernières spéciales tout aussi détrempées du rallye.

Les nouveaux réglages commandés par Stewart ont immédiatement rendu la STI infiniment plus stable sur toute surface mouillée. Nous avons alors complété les spéciales une par une, tel qu’entendu. Notre soulagement, après être passés en trombe – prudemment – devant les capteurs électroniques du ‘flying finish’ sur Marine Drive est assez indescriptible après tout ce que nous avions affronté pendant les cinq dernières journées. Passer d’une civière dans un ambulance à la ligne d’arrivée du Targa Terre-Neuve est une aventure comme je n’en vivrai sans doute jamais d’autre.

Les triples vainqueurs Roy Hopkins et Adrienne Hugues avec Mike Monticello

Les triples vainqueurs américains Roy Hopkins et Adrienne Hugues avec leur compatriote Mike Monticello

Stewart et moi étions d’ailleurs assez euphoriques en ramenant la STI Targa vers le port de St-Jean pour y croiser la ligne d’arrivée officielle. Je l’ai remercié maintes fois pour tous les miracles qu’il a su accomplir pour nous garder dans la course et dans le rallye, y compris en sautant dans la siège du copilote le lundi matin sans avoir la moindre idée de ce que cela comporte. Après avoir fait deux bon shows de vapeur plus que de boucane, sur cette chaussée mouillée, nous avons garé la STI et nous en sommes sortis pour célébrer avec notre équipe.

 Christoph et Ferdinand Trauttmansdorf vainqueurs en Grand Touring

Christoph et Ferdinand Trauttmansdorf l’ont emporté en Grand Touring avec un pointage parfait de zéro

C’est là que nous avons appris que Roy Hopkins et Adrienne Hugues avaient décroché leur troisième victoire consécutive au classement général du Targa avec seulement 10 secondes de pénalités. L’équipage allemand de Michael Stoschek et Philipp Spaeth avaient perdu la position de tête en allant fauchant une clôture dans la spéciale de extrêmement serrée de Brigus et terminaient avec un total de 23 secondes de pénalités. À la troisième place on retrouve deux ‘muscle cars’ classiques soit la fameuse Acadian Canso 1967 de Jud Buchanan et Jim Adams, qui termine ex-aequo avec la Chevrolet Camaro 1969 de Bob Yuillie et Kirk Alexander, les deux équipes ayant récolté 33 secondes de pénalités.

L’équipe Subaru Targa se réjouit après l’arrivée à St-Jean

L’équipe Subaru Targa se réjouit après l’arrivée à St-Jean

La voiture ‘moderne’ la mieux placée est la Nissan GT-R 2009 de Steve Millen et Mike Monticello avec 1m21s de pénalités, en 6e place au classement général. Notre Subaru STI Targa se retrouve 12e au classement général avec 5m18s de pénalités. Et en compétition Grand Touring, l’équipe père-fils de Ferdinand et Christof Trauttmansdorf l’emporte brillamment avec un score parfait de zéro pénalité dans leur BMW 325i.

C’en était donc fait du 8e rallye Targa Terre-Neuve. Il ne nous restait plus qu’à découvrir les gagnants des autres prix lors du traditionnel gala qui allait clôturer l’événement le lendemain.

CLASSEMENT GÉNÉRAL FINAL – TARGA

CLASSEMENT GÉNÉRAL FINAL – GRAND TOURING

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18/09/09

Permalink 05:16 am, Marc Lachapelle / Générale, 348 mots  

Étape 4 – Clarke et Proudfoot mènent à neuf 'spéciales' de l’arrivée

L’Équipe Subaru Targa a connu une très bonne quatrième journée de compétition. Notre but est d’abord et avant tout d’éviter la moindre erreur et ensuite de récolter quand les meilleurs chronos possibles. Je suis ravi que nous n’ayons donné à nos techniciens aucun travail en sus des vérifications d’usage. Une exception : un examen minutieux de l’essieu arrière après le deuxième passage dans la courte spéciale de Fortune.

Notre STI Targa en action

Notre STI Targa en action (photo Warwick Patterson, formulaphoto.com)

Stewart Hoo, notre génial copilote et chef-mécano a également demandé de très légers changements de réglages à la suspension arrière qui ont faut une différence énorme. La STI nous avait plutôt apeurés dans la très rapide spéciale de Garnish où nous atteignons des vitesses de près de 200 km/h (jamais plus c’est le règlement il y a un radar caché pour le vérifier) sur des sections assez bosselées merci.

À la conclusion de l’étape 4, une fois que le poussière fut retombée sur la spéciale piégeuse de Marystown, Glen Clarke et Andy Proudfoot menaient encore la compétition Targa avec seulement 4 secondes de pénalité dans la Porsche 911 Carrera 1976 de Glen, suivis des Allemands Michael Stoschek et Philipp Spaeth dans une Porsche 911 encore plus ancienne (1965) avec 9 secondes.

Les meneurs Glen Clarke et Andy Proudfoot

Les meneurs Glen Clarke et Andy Proudfoot

Et en compétition Grand Touring, Ferdinand et Christoph Trauttmansdorf affichaient toujours un score vierge après quatre dures journées dans leur modeste mais de toute évidence solide BMW 325i 1990. Christoph, qui a toujours un large sourire, est sûrement redoubtable en mathématiques et son paternel sait de toute évidence quoi faire avec un volant et trois pédales.

Il fait encore noir dehors et il pleut sur Marystown à l’amorce de la 5e et dernière étape du rallye Targe Terre-Neuve 2009. Espérons seulement que nous serons tous à l’arrivée dans le port de St-Jean en fin d’après-midi.
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Permalink 04:00 am, Marc Lachapelle / Générale, 1240 mots  

Étape 3 – Mauvais calcul, pénalité mystère et nouveaux miracles

Nous étions en très bonne position au début de la troisième étape. La voiture me semblait solide et musclée après que notre copilote et chef mécano Stewart Hoo ait augmenté légèrement la pression de suralimentation du turbo. Et si cela ne suffisait pas, il allait pouvoir modifier les réglages sur son ordinateur portable tout en roulant. Très cool. Si Stewart a pu occuper sans hésitation et sans malaise le siège du copilote dans la journée de lundi, en remplacement de notre copilote officiel Keith Townsend toujours souffrant, c’est qu’il s’est souvent retrouvé dans le siège de droite de voitures de course, à pleine vitesse, sur des pistes comme le formidable circuit GP de Mosport à modifier la cartographie du moteur sur son portable sans même lever les yeux.

Deux générations examinent la STI de plus près

Deux générations examinent la STI de plus près à Gooseberry Cove

Les choses sont devenues un peu déconcertantes lors de la seconde spéciale de la journée, qui va de Frederickton à Carmanville. Elle débute par une accélération d’un kilomètre vers un virage à droite modéré, suivi immédiatement d’un virage très prononcé, d’une montée étroite, puis d’une série de serpentins précédant un virage à droite à angle droit qui débouche sur une route secondaire dégagée (je commence vraiment à parler comme un copilote...)

Nous nous sommes alors mis à rouler sérieusement vite et Stewart s’est aussitôt inquiété de voir notre calculateur Timewise afficher une avance de plus d’une minute sur ce qu’il avait établi comme chrono-cible pour cette spéciale. On ne doit jamais dépasser une moyenne de 135 km/h, sous peine de pénalité, et nous avons donc ralenti, de beaucoup.

Des classiques et des modernes à Gooseberry Cove

Des classiques et des modernes à Gooseberry Cove

La Nissan GT-R orange de Steve Millen et Mike Monticello nous a rattrapés peu après. Partis trente secondes après nous, ils ont ralenti un instant avant de réaccélérer. Puis ce fut au tour de Frank Sprongl et Rod Hendricksen de passer à bord de la glorieuse Audi Quattro Groupe B. C’est là que Stewart a senti un vrai problème et s’est écrié « Ok, on fonce maintenant. »

J’ai bien aimé cette partie là. En roulant à nouveau à fond, j’ai pu maintenir la cadence du maître Frank alors qu’il lance sa Quattro à haute vitesse dans les virages, en jouant sûrement du pied gauche sur la pédale du centre : « Je ne freine toujours qu’avec le pied gauche » m’avait-t-il plus tôt. Ce n’est pas tous les jours au Targa qu’on peut s’offrir un tel spectacle, avec les départs décalés de 30 secondes dans les spéciales.

Mais un kilomètre plus loin, notre problème restait entier: nous avions encore plus d’une minute d’avance sur le chronomètre et croyions alors risquer l’amende ou la pénalité. Nous avons donc ralenti et presque arrêté complètement pour laisser filer les secondes avant d’arriver aux panneaux rouges « Flying Finish » (quelle ironie) à la vitesse d’un escargot.

Peter Robindaine et Daniel Giroux

Peter Robindaine et Daniel Héroux de Trois-Rivières formaient le seul équipage entièrement québécois au Targa 2009 et ils étaient rapides en classe Ouverte malgré les modestes 212 chevaux de leur Civic 2000

Encore complètement intrigué, Stewart montre les temps-cibles que nous avons utilisés à Frank Sprongl, qui reconnaît vite que ce sont là les chronos « Trophy Times » qui viennent après les temps de base du livre officiel. Ces temps déterminent l’admissibilité d’une équipe aux plaques Trophy tant convoitées qui récompensent la constance et la vitesse au Targa Terre-Neuve, et ils sont sensiblement plus longs que les chronos de base. À cette étape, notre chrono-cible correct était de 4:52 et notre temps « Trophy » de 6:24. Les copilotes expérimentés éliminent habituellement les pages affichant les temps Trophy des cahiers de route mais celles-ci sont demeurées alors que Keith préparait les instructions de la journée pour aider Stewart qui n’en était qu’à son troisième jour en tant que copilote.

Ce n’est qu’une des mésaventures de notre équipe, c’est le moins qu’on puisse dire. Nous aurions facilement pu réussir cette étape, mais nous récolterons plutôt une grosse pénalité. Stewart pense qu’elle sera de 1:32, mais les résultats officiels de l’étape 3 affichent 6:44, ce qui nous relègue à la 24e place, assez loin de notre objectif. Soit qu’il s’agit d’une erreur et que nos pénalités totales de 2:23 nous situent quatorzièmes, soit qu’on nous a imposé une pénalité de cinq minutes pour des raisons obscures. La page « pénalités détaillées » affiche pour l’instant « pas encore disponible ». Keith va faire enquête.

 La caravane du rallye Targa s’arrête au ‘Vernon's Toy Shop’

La caravane du rallye Targa s’arrête au ‘Vernon's Toy Shop’ à Swift Current

En tête, Glen Clarke et Andy Proudfoot n’ont aucune faute sur leur Porsche 911 Carrera qui dégage autant de fumée grise qu’un dragster diesel au départ. En seconde place arrive l’équipe allemande de
Michael Stoschek et Philipp Spaeth, qui semble-t-il, pilotent leur Porsche 911 1965 vert lime avec des notes de circuit du genre rallye WRC, ainsi que la Acadian Canso 1967 de Jud Buchanan, trois fois deuxième et seul détenteur de la plaque Targa platine, flanqué de son copilote Jim Adams, avec seulement trois secondes de pénalité.

Et c’est toujours une bataille à trois dans la classe Grand Touring entre Brian Jarvis et Daphne Sleigh à bord de leur MINI Cooper S/JCW, Alan Kearley et Greg Martin dans leur Mazda3 GT bleue, ainsi que l’équipe père-fils de Ferdinand et Christoph Trauttmansdorf dans leur BMW 325i 1990 rouge, tous trois sans aucune pénalité après trois jours de compétition.

 Vernon's Toy Shop présente une fabuleuse collection de décapotables

Vernon's Toy Shop présente une fabuleuse collection de décapotables de toutes les périodes

Cela dit, le plus palpitant de la journée fut de voir Stewart sortir ses outils et démanteler le panneau de contrôle électrique de notre Targa STI quelques minutes seulement avant le départ de Gooseberry Cove. L’allumage était mort sans explication quelques secondes après que j’aie grimpé la colline pour embarquer Stewart. J’étais tout sanglé, prêt à ’action, mais étrangement calme, subjugué par la frénésie de Stewart à tester toutes les possibilités de mauvaises connexions, fusibles et relais de notre voiture. Quelque part, je savais que Stewart nous remettrait en piste, et c’est ce qu’il fit, avec quelques minutes encore à faire. Juste à temps pour enfiler son casque, l’attacher et calmer un peu son rythme cardiaque.

Un autre miracle pour notre Targa. Sans Stewart, nous aurions abandonné ce rallye. C’est mon héros, absolument. Sur la route du retour, nous sommes arrêtés à l’étonnant musée automobile « Vernon’s Antique Toy Shop » (http://www.vernonsantiquetoyshop.ca) et Stewart a conduit la Targa STI jusqu’à Marystown avec Cathy Cole, sa complice de tous les jours et grande coordonnatrice de toutes les activités de l’équipe de rallye de Subaru Canada, à ses côtés.

Quelle journée. Mais c’est normal au Targa Terre-Neuve.
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17/09/09

Permalink 22:29 pm, Marc Lachapelle / Générale, 1056 mots  

Étape 2 – Les favoris s’affirment et notre STI Targa affûte ses griffes

Il faut vraiment essayer de dormir le plus possible quand on entreprend la course d’endurance de six jours que constitue le rallye Targa Terre-Neuve, mais c’est plus facile à dire qu’à faire. En tant que pilote, vous devez d’abord laisser retomber l’adrénaline après les sensations fortes provoquées par la spéciale urbaine à Gander à la fin de la deuxième étape, que nous avons effectuée au crépuscule mardi.

Ensuite, vous devez autographier et distribuer (avec grand plaisir d’ailleurs) quantité de cartes-souvenirs, d’affiches, de casquettes et autres articles du genre dans le cadre de l’exposition des voitures du rallye qui se déroule dans l’aréna de Gander. Il faut ensuite attendre les résultats des spéciales de la journée, soumettre les éventuelles demandes de révision des mêmes résultats ou partir à la recherche de pièces pour réparer son bolide. Les possibilités n’ont aucune limite. Si vous êtes chanceux, vous réussissez enfin à avaler un repas décent et à vous mettre au lit avant minuit, en prenant soin de régler votre réveil en vue des départs prévus dès 7 h 30 le matin. En d’autres termes, cela signifie que les tout premiers sur la liste départ doivent se lever à environ 5 h 30 pour partir à temps.

Jim Kenzie et un jeune passionné du Targa à Gooseberry Cove

Jim Kenzie et un jeune passionné du Targa à Gooseberry Cove

Et c’est sans compter les spécimens comme mon collègue journaliste torontois Jim Kenzie et moi qui tentons de tenir des blogues après de telles journées. Après sa grosse sortie de route de l’édition 2008 du rallye Targa, Jim a promis de dormir plus et son copilote Brian Bourbonniere m’a dit hier soir que Jim, qui est habituellement un oiseau de nuit, avait tenu sa promesse et roupillait déjà à 23 h 00.

J’ai fait de mon mieux pour me coucher tôt, mais je n’ai finalement éteint que vers environ 1 h 30 ce matin après avoir pris connaissance des résultats de la journée, lu et répondu aux courriels essentiels et téléchargé des photos. Vers 5 h, je me suis réveillé la gorge sèche et me suis levé pour avaler un peu d’eau. Le cerveau s’est aussitôt enclenché. J’ai bien essayé de compter les STI et les Evo faisant le fameux saut de Camp Brûlé au rallye de la Baie-des-Chaleurs (incluant la STI de Pat Richard avec laquelle il a remporté la course avec seulement trois pneus cette année), en vain. Aussi bien me lever alors.

J’ai manifestement la tête remplie de tout ce qui se rapporte à Targa; des spéciales d’hier et d’aujourd’hui, des blogues et de la question de savoir si notre copilote officiel, Keith Townsend, sera en mesure d’être présent au départ de la troisième étape aujourd’hui. Quand j’ai pu enfin aller me coucher, Keith et Stewart s’apprêtaient à aller faire un essai routier à bord de la STI Targa pour voir s’il serait physiquement en mesure de la piloter malgré ses côtes fêlées.

The Targa STI and Nissan GT-R before the start in Gander

Notre Targa STI et la Nissan GT-R de Millen et Monticello avant le départ à Gander

La deuxième étape s’est bien déroulée pour Stewart et moi au volant de la STI Targa, mais nous avons néanmoins terminé la journée en prenant quelques secondes de pénalité, comme ça a été le cas pour tous les autres concurrents du rallye Targa, sauf un : le gagnant toutes catégories de 2006 Glen Clarke et son copilote Andy Proudfoot au volant de la Porsche 911 Carrera bleue que Glen a construite à partir de la carcasse d’un modèle 1976 qu’il jure avoir acheté sur eBay pour 300 $. Glen et Andy partagent ce rare pointage de zéro pénalité à l’issue de la deuxième étape, mais Jud Buchanan et Jim Adam ne sont qu’à une seconde derrière dans la rutilante Acadian Canso 1967 de Jud. La troisième position est occupée par le pilote allemand Michael Stoschek et son copilote, l’Américain Philipp Spaeth, dans une Porsche 911 1965, qui n’accusent que 3 secondes de pénalité, suivi en quatrième position par Steve Millen et Mike Monticello dans la formidable Nissan GT-R de 620 ch. que Steve a construite pour son premier rallye Targa Terre-Neuve, avec six secondes de pénalité. En cinquième place, les doubles gagnants toutes catégories, Roy Hopkins et Adrienne Hughes, occupent leur forte position habituelle avec 8 secondes de pénalité dans leur BMW 2002 1969 multicolore.

Stewart Hoo et votre bloggeur Targa

Stewart Hoo et votre bloggeur Targa (photo: Rod Hendricksen)

Le chef mécanicien et copilote de la Subaru Targa, Stewart Hoo, et moi sommes maintenant en 14e position au pointage général avec 35 secondes de pénalité. Nous avons curieusement écopé de quatre secondes de pénalité à la sixième spéciale et d’une pénalité additionnelle de 31 secondes lors de la rude spéciale de Gander. Je suis responsable d’environ 12 de ces secondes de pénalité après avoir transgressé un virage, mais sinon, j’ai été enchanté de la tenue de route et de la vitesse de la STI Targa grâce aux ajustements et aux réglages que Stewart et moi avons faits après quelques essais lors des spéciales précédentes. Je sais que je peux désormais piloter la voiture sans ménagement, et ce, en toute confiance. Les prochaines spéciales dans les jours à venir promettent d’être intéressantes.

Je m'en voudrais de ne pas mentionner que huit équipes affichent toujours un pointage parfait de zéro seconde de pénalité dans l’épreuve Grand Touring, incluant Ferdinand Trauttmansdorff et son fils Christoph dans leur BMW 325i 1990. Ferdinand a été étonné que je me souvienne de lui avoir prêté une roue afin qu’il puisse prendre part à une course à Sanair en 1998 au volant de sa Honda Civic . Il avait brisé deux roues d'un seul coup après avoir chevauché les gros vibreurs de ce circuit qui ne pardonnaient pas de tels écarts à l’époque.

Je dois y aller maintenant. L’heure de notre départ approche pour la troisième étape du rallye Targa.
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15/09/09

Permalink 23:35 pm, Marc Lachapelle / Générale, 1041 mots  

Les bleus du Prologue et quelques miracles à la première étape

Désolé de n’avoir guère mis à jour ce blogue au cours des deux derniers jours mais je n’en avais franchement ni la forme, ni vraiment le goût. Parce que je dois vous dire que nous avons fait une sortie de route durant la toute première étape du Prologue dimanche dernier, à Flatrock, en périphérie de St-Jean. Je sais que les règles de la Presse Canadienne affirment qu’on doit seulement écrire ‘St. John’s’, mais j’aime quand même utiliser le nom St-Jean pour la capitale terre-neuvienne à force de voir tous les noms français plus ou moins fantaisistes que comporte le toponymie de cette province voisine du Québec.

Pour en revenir à notre mésaventure, une dépression à l’intérieur d’un virage a provoqué une réaction aussi soudaine qu’imprévisible de notre voiture à grande vitesse. Il faut dire que cette STI Targa est vraiment très, très rapide lorsque la pression de suralimentation du turbo est réglée au maximum.

Après notre pirouette, j’ai jeté un très bref coup d’œil à notre voiture avant de partir en balade vers St-Jean à bord d’un autre type de véhicule. Une procédure normale pour ce genre d’incident. Je croyais sincèrement que c’en était fait de mon troisième rallye Targa. Or, c’était sans compter avec la détermination de l’équipe de rallye de Subaru Canada. J’ai par exemple appris, un peu plus tard, que le chef-mécano Stewart Hoo et les gars de son équipe, Andrew, Lewis et Nick, avaient même réussi à remettre la STI en état de rouler avant même de l’amener chez Capital Subaru à St-Jean où le patron John Howard leur a immédiatement ouvert les portes de son atelier.

Nick réparant les portières chez Capital Subaru tard dimanche soir

Nick réparant les portières chez Capital Subaru tard dimanche soir

Quelques heures plus tard, au petit matin, la STI Targa était prête à repasser à l’action. Elle portait bien quelques cicatrices du côté droit mais nous étions de retour dans le rallye. Et puisque le Prologue ne ‘compte pas’ (ouais, allez dire à ceux qui ont passé la nuit à réparer la voiture) nous allions pouvoir prendre le départ de la première journée de compétition officielle du rallye Targa 2009 avec une feuille de pointage vierge.

Cela étant dit, un autre défi de taille nous attendait. Le lundi matin, mon copilote Keith Townsend s’est réveillé en ressentant de vives douleurs à chaque fois qu’il essayait de soulever le moindre objet. Sa valise, par exemple, puisque nous nous apprêtions à quitter notre hôtel pour un périple qui allait nous faire sillonner la péninsule dans tous les sens au cours des jours suivants. Keith n’était ni en état de faire son boulot de copilote, ni même de se contorsionner pour grimper à bord de notre voiture de course. Ce n’est que plus tard que nous avons appris qu’il avait deux côtes fêlées, et si vous n’avez jamais subi ce genre de blessure, vous ne pouvez imaginer à quel point cela fait mal. Croyez-moi sur parole.

Nous étions donc à la recherche d’un autre copilote, du moins pour la première étape. C’est du moins ce que nous croyions à ce moment-là. Or, ce n’est vraiment pas une mince tâche de trouver une telle personne au premier jour du Rallye Targa. Puisqu’il était hors de question que Stewart Hoo et son équipe aient fait tout ce travail sur la voiture seulement pour voir l’équipe déclarer forfait, notre chef-mécano a lui-même enfilé la tenue de course toute neuve de Keith sur ses vêtements (ils n’ont vraiment pas le même gabarit) pour jouer les copilotes pour la première fois de sa vie au Targa. Connaissant Stewart, si quelqu’un pouvait relever ce défi, c’était bien lui.

Stewart et son coffre d’outils pour aller aux courses

Stewart Hoo, le chef mécano de l’équipe de rallye Subaru Canada Targa, fera bien plus qu’utiliser ses outils à Terre-Neuve cette année

La fameuse devise « Press On Regardless » (continuer à tout prix) des rallyistes prend tout son sens dans l’équipe de rallye de Subaru Canada.

Pour faire une histoire courte (parce qu’on peut en écrire un longue pour chacune des équipes qui participent au rallye Targa Terre-Neuve), Stewart et moi avons terminé la première journée de compétition officielle de l’édition 2009 sans aucune pénalité, comme douze autres équipes. Parmi celles-ci on retrouve la plupart des habitués et quelques nouveaux venus, notamment l’ancien champion coureur néo-zélandais Steve Millen et Mike Monticello au volant de leur Nissan GT-R d’une belle couleur orangée.

Andrew et Lewis aident Stewart à garer notre STI Targa dans la remorque après la première journée pour l’étape de liaison vers Gander

Andrew et Lewis aident Stewart à garer notre STI Targa dans la remorque après la première journée pour l’étape de liaison vers Gander

Stewart et son équipe avaient déjà accompli quelques miracles à l’atelier, mais Stewart en a lui-même réussi un autre en tant que copilote. Ajoutant au défi, nous avons dû ménager l’embrayage de course de la STI de la deuxième spéciale de la journée à Placentia jusqu’à la septième et dernière spéciale à Easport, en évitant les départs trop brusques et en faisant un minimum de changements de rapports par la suite.

Ce matin, je suis certain que Stewart et son équipe ont résolu les ennuis d’embrayage et apporté les modifications dont mon copilote et moi avions discuté pour rendre la voiture moins nerveuse en virage rapide. Quel autre pilote peut se targuer d’avoir son chef mécanicien assis à sa droite pour discuter des réglages de la voiture au cours des longues étapes de liaison?

La deuxième étape du rallye Targa débute ce matin et nous allons nous en tenir à la même stratégie fort simple: prendre les ‘spéciales’ et les journées une à la fois. Grâce à l’aide inestimable des instructions limpides de Keith, nous serons prêts. Sans jamais toutefois sous-estimer les nombreux défis que comporte le rallye Targa.
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